Veiller à la sécurité des mineurs et à la bonne marche des installations du fond, telles sont les tâches des télévigilistes.

Le télévigiliste travaille au jour, les mineurs descendent et officient à plus de 1000 mètres de profondeur. « Il » est seul, ils sont des centaines. « Il »ne connaît que leurs voix ; ils connaissent son visage pour avoir regardés avant de prendre la cage, en passant devant le télévigile, qui veillerait sur eux pendant leur poste. Tout les sépare et pourtant, par la voix, ils sont souvent si proches ! Relation très particulière que celle du télévigiliste avec les mineurs de fond. Il travaille en surface mais, paradoxalement, « l’homme de l’ombre », c’est lui et il fait bien partie intégrante de l’équipe du fond à qui il est lié « pour le meilleur et pour le pire » (du rendement exceptionnel aux problèmes de pannes, failles..). Sans lui, la bonne marche de l’exploitation serait impossible.

Une double mission : « sécurité et exploitation »

Le travail du télévigiliste nécessite une présence permanente 365 jours par an sur trois postes (6h/14h ; 14h/22h ; 22h/6h). Samedis, dimanches jours fériés comme jours de fêtes…ils sont toujours là pour veiller à la sécurité des hommes et à la bonne marche de l’exploitation.

C’est au télévigile, véritable « salle blanche » hautement informatisée, que tout est mis en œuvre pour gérer les informations. Un ordinateur central y restitue, en temps réel, au moyen d’imprimantes et d’écrans informatiques, entre 4000 et 5000 informations quotidiennes en provenance du fond auxquelles il faut rajouter les informations qui arrivent du jour. La centralisation dans ce véritable central opérationnel de toutes ces informations sur l’exploitation et la marche générale de la mine permet de répondre à toute question dans la seconde qui suit .
Le télévigiliste veille à ce que tous les automatismes fonctionnent correctement. En matière de sécurité, des capteurs de grisou lui indiquent, en temps réel et en continu, la teneur en grisou (CH 4) des tailles ou des chantiers de creusement. Une teneur qui ne doit pas dépasser respectivement 1,5% et 1%, pourcentages au-delà desquels l’évacuation du personnel est immédiatement demandée par le télévigiliste, le grisou devenant explosible à 4,9% de présence dans l’air ambiant.
En ce qui concerne la marche de l’exploitation, le tableau synoptique représentant tous les chantiers du fond le renseigne en permanence sur la marche des installations. Ainsi, d’un seul coup d’œil, il peut visionner la totalité des installations du fond et surveiller la situation : marche des convoyeurs et des dessertes, fonctionnement de la taille, remplissage des bures, etc.
Par ailleurs, le télévigiliste est responsable de l’exhaure (pompage de l’eau dans la mine). Une surveillance attentive des batteries de pompes qui fonctionnent 24 h sur 24 est indispensable car leur moindre défaillance risquerait de provoquer l’inondation des chantiers. Côté ventilation (aérage), le télévigiliste s’assure que tous les ventilateurs marchent sans interruption. Il veille également sur la pression d’air des quartiers d’exploitation, grâce aux compresseurs d’air comprimé installés au fond, et sur la pression de l’eau grâce aux manomètres. Il sait tout, à tout instant. « Allo télévigile… ? » A la moindre incertitude, les mineurs de fond le sollicitent pour savoir « ce qui se passe ». Lui seul est en mesure de les renseigner sur la défaillance, la panne d’une machine ou encore sur le rendement effectué. Il est ainsi la voix pour les mineurs mais aussi l’œil et l’oreille de la mine.