La mission des traceurs est de creuser et d’aménager des galeries au charbon et au rocher. Pour les galeries au charbon, il s’agit essentiellement de découper les futurs panneaux d’exploitation. Creuser les galeries au rocher revient à faire l’infrastructure générale de la mine, travers-bancs et bures plus particulièrement. Les traçages, appelés aussi travaux préparatoires, interviennent également pour des travaux plus spécifiques ou exceptionnels comme le creusement de la recette du puits et celui de la nouvelle salle des pompes.

Les traceurs sont en relation avec les géomètres, les bureaux techniques fond, les services organisation, sécurité, etc..
Une équipe de creusement au rocher compte sept ou huit personnes par poste : un conducteur de mineur continu, un conducteur de shuttle-car, trois boiseurs, un électromécanicien, un chef de poste. Dans un chantier au rocher, il y a un agent de maîtrise avec 5 ouvriers de différentes spécialités (boutefeu, conducteur d’engins..).

Les galeries sont livrées prêtes à l’emploi

Pour obtenir une galerie finie, livrée prête à l’emploi, plusieurs opérations sont nécessaires. Il faut, dans un premier temps, tracer les voies, puis les aménager. Aujourd’hui, le traçage des voies de 3 mètres de haut et 6 mètres de larges s’effectue grâce à des engins fiables et très performants comme le mineur continu et à la machine à attaque ponctuelle.

L’aménagement des voies comporte ensuite plusieurs étapes bien particulières. Tout d’abord, le soutènement s’effectue au fur et à mesure du creusement par la pose, au toit, de grillage et de boulons ancrés à la résine, et sur les parements, de grillage et boulons en fibre de verre. Un renforcement du soutènement est éventuellement réalisé après contrôle des toits, soit par mesure d’expansion visuelle (décollement des premiers bancs du toit), soit par endoscopie (positionnement des cassures et des fissures au moyen d’un endoscope).

Vient ensuite la pose des différentes conduites : ventube pour l’aérage du chantier, conduite d’air comprimé pour le fonctionnement des machines à mains (perforatrices, clés à chocs, marteaux perforateurs….) conduites d’eau nécessaires au refroidissement des moteurs des machines d’abattage, à la lutte contre les poussières et au fonctionnement des équipements de sécurité. Des niches sont creusées tous les trois cents mètres du coté opposé du convoyeur. De cinq mètres de large et neuf mètres de profondeur, elles servent aux manœuvres des engins et sont aménagées en niches pressurisables. Le convoyeur de 1,20 m de large est mis en place définitivement au fur et à mesure de l’avancement et servira, par la suite, à l’évacuation des produits de taille. On termine l’aménagement de la voie par la mise en place, tous les deux cent mètres, des arrêts-barrages, bacs en plastique remplis d’eau pour prévenir les coups de poussières, que nous fixons au toit .

Bures : creusement à quatre temps

En dehors des travaux exceptionnels, les Traçages ont pour mission de creuser les travers-bancs et bures qui permettent de stocker des quantités importantes de charbon au fond.
Le cycle d’avancement des travers-bancs comporte plusieurs phases :

la foration du plan de tir, réalisée à l’aide d’un jumbo,
le chargement et le tir des explosifs,
enfin le marinage, qui consiste à évacuer, à l’aide de tracto-chargeurs diesel, les produits de tir sur un répartiteur-broyeur.
En fin de cycle, le soutènement, constitué de grillage et de boulons ou de cintres selon la nature du terrain, est mis en place. Les équipes du travers-bancs assurent, en plus du creusement, l’installation complète de la desserte qui permettra l’évacuation des produits stockés dans les bures.
Les bures sont des « puits intérieurs » dont la capacité peut varier de 200 m3 à 4 000 m3. Leurs creusements s’effectuent en quatre temps.
-1. Foration entre deux galeries d’un trou de sonde vertical de 1,50 m de diamètre à l’aide d’une sondeuse électro-hydraulique.
-2. Installation d’un plancher et d’un extracteur à la base du trou de sonde.
-3. Elargissement du trou à explosif, pour atteindre un diamètre de 6 à 8 mètres (phase d’alésage). Les produits de l’alésage tombent dans le trou de sonde et sont évacués à l’aide de l’extracteur.
-4. A la fin de l’alésage, un plancher est installé au sommet du bure.
La partie abattage ne représente pas plus du quart du travail d’une équipe de creusement, les trois quarts restants correspondent au soutènement et à l’aménagement. Livrer des galeries finies, prêtes pour l’exploitation, est la priorité.

Une journée d’un chef de quartier à la section traçages

Responsable des chantiers des mineurs continus qui tracent les panneaux, le chef de quartier est chargé de leurs bonnes marches et de leurs aménagements et fait la liaison entre les équipes des chantiers et le maître-mineur de la section. Il a aussi une fonction d’animateur, en particulier en matière de sécurité.
Dès son arrivée à 5 heures du matin, il lit tous les rapports concernant les traçages : réalisation des travaux, état des chantiers… téléphone aux chefs de poste de l’inter-poste descendus à 4h30 pour connaître leurs besoins en matériel ou leur donner des directives.
A 5h45, à la remonte du poste de nuit descendu la veille à 22 heures, il fait avec les chefs de poste un point sur les travaux réalisés et les éventuels problèmes en suspens.
Après avoir pris les consignes auprès du maître-mineur, il descend au fond à 6h. A la recette, avec un chef de poste responsable du transport, ils contrôlent la liste du matériel demandé par les chantiers.
Vers 6h15, il se rend aux différents chantiers en vérifiant la desserte, l’état des voies (arrosage, soutènement, propreté..) pendant le transport. Une fois sur le chantier, il fait le bilan avec le chef de poste sur l’avancement, le pendage, la hauteur de la couche, le boulonnage, etc.
Après la douche et le repas, il prépare, entre 12h et 14h, le travail pour le poste de nuit et la commande en matériel pour les chantiers. Il recueille une dernière fois des informations auprès des chefs de poste qui remontent à 13h40.
Pour terminer, il se réunit avec les autres chefs de quartier et le maître-mineur. Chacun fait le point sur son secteur afin de maintenir, en cas de besoin, une polyvalence entre les chefs de quartiers.