Au coeur de la mine

sécuritéL’exploitation du charbon a contribué largement au développement social, économique des bassins miniers et au bien-être de ses populations. Cette mine, source de vie pour les familles et leurs régions, est cependant un milieu hostile.

L’air, l’eau, le grisou, la terre et le feu sont les ennemis héréditaires du mineur. Le mineur sait qu’à tout instant des risques d’accidents le guettent. Confronté à un milieu qui lui est naturellement hostile et qui évolue en permanence, le mineur a toujours porté une grande attention à la sécurité. Pour chacune de ces sources de danger, des recherches ont été menées pour réduire les risques et améliorer les conditions de travail. La question de la sécurité est au cœur de la vie de la mine.

L’évolution des techniques, le développement de la prévention, la formation des personnels ont fait, qu’au fil des années, la mine est devenue plus sûre. Après la nationalisation, l’industrie minière, en pleine croissance, s’engage dans une démarche de lutte contre les accidents. Les campagnes sécurité ont pour but de sensibiliser le personnel à la nécessite d’observer strictement règlements et consignes.

Dans les années 60, la prévention entre dans l’histoire. Mais surtout, des efforts considérables sont entrepris dans le domaine de la sécurité collective. Des techniques nouvelles sont développées, comme l’azote, les résines de consolidation des terrains, la surveillance de l’atmosphère au fond ou la prévention des coups de poussière. Ce n’est que dans un passé encore récent (1965), avec la mise au point par le centre de recherche de Charbonnages de France (le CERCHAR) du grisoumètre, un appareil mesurant la teneur de l’air en grisou, que le risque présenté par ce gaz maléfique a vraiment diminué.

Si le grisou est le plus redouté dans l’histoire de la mine, la poussière n’a rien à lui envier. Pour la combattre, un moyen simple, l’eau. Injectée dans les tailles, elle empêche le dégagement de poussières au moment du forage. Pulvérisée, elle évite la formation de nuages lors des opérations de transport. Stockée au plafond dans des bacs, elle sert de barrage aux explosions et à l’incendie. Pour la prévention des coups de poussière, une seule solution, la schistification qui consiste à répandre sur les parois des galeries de la poussière de calcaire.

Pour lutter contre la présence de gaz dans l’atmosphère du fond, des systèmes d’aérage ont été installés afin de ventiler les galeries.
Pour combattre l’eau et les inondations, l’exhaure a été mise en place.

Il y a enfin le danger de l’éboulement. Contre lui, un seul remède, la bonne qualité du boisage, c’est-à-dire des opérations de soutènement des galeries. Toutes ces techniques innovantes pour sécuriser la mine, toutes les actions de prévention, la réglementation de plus en plus contraignante, les changements de mentalités se sont traduites par une amélioration sensible des résultats de sécurité et des conditions de travail. L’effort consenti par Charbonnages de France pour entretenir un haut niveau de sécurité collective et individuelle ne s’est pas démenti tout au long de son activité industrielle. L’entreprise consacre de gros moyens à la sécurité et les accidents n’ont cessé de diminuer. (1800 au million de postes en 1960 à 500 au début des années 1990, pour terminer à moins de 300 en 2003 : accidents suivis d’un avec arrêt de travail.)

La mine moderne est devenue beaucoup plus sûre, même si les risques existent encore et que la mine nous rappelle, de façon douloureuse, qu’elle reste un milieu hostile qui ne se laisse pas dépouiller facilement de ses richesses.

A la mémoire des victimes de la mine

En dépit des progrès et des techniques, des campagnes de prévention et de sensibilisation aux risques d’accidents, des drames n’ont cessé d’endeuiller la profession de mineur. Les accidents individuels ou collectifs constituent des souvenirs douloureux à jamais gravés dans la mémoire de tous les membres du personnel. Ces catastrophes, quelles qu’en soient les raisons, le mineur en a pourtant accepté le risque. Hommage à ces hommes de la nuit.

10 janvier 1948 : coup de grisou à Petite-Rosselle (Lorraine) ; 24 morts
16 janvier 1958 : coup de poussier au puits Plichon à Blanzy (Saône et Loire) ; 29 morts
21 novembre 1958 : coup de poussier au puits Saint-Charles à Forbach (Lorraine) ; 11 morts
29 mai 1959 : explosion au puits Sainte-Fontaine à Merlebach (Lorraine) ; 26 morts
2 février 1965 : explosion à la veine Martin de la mine d’Avion près de Lens (Pas-de-Calais) ; 21 morts
24 novembre 1965 : coup de poussier au puits de La Tronquie à Carmaux (Tarn) ; 12 morts
3 mars 1967 : dégagement de gaz à Saint-Florent-sur-Auzonnet (Gard) ; 5 morts
3 mai 1968 : coup de poussier à Roche-la-Molière (Loire) ; 6 morts
8 février 1970 : coup de grisou à la fosse 6 de Fouqières-lès-Lens (Nord-Pas-de-Calais) ; 16 morts
4 mai 1971 : un dégagement instantané de gaz carbonique provoque un effondrement dans une galerie du puits du Villaret à la Mure (Isère) ; 8 morts
27 décembre 1974 : à Liévin (Pas-de-Calais) coup de grisou ; 42 morts
30 septembre 1976 : incendie suivi d’une explosion à Merlebach (Lorraine) ; 16 morts
25 février 1985 : coup de grisou au puits Simon à Forbach (Lorraine) ; 22 morts
21 juin 2001 : une forte secousse a soulevé le sol de la voie de base en Frieda 5 à Merlebach (Lorraine) ; 1 mort.