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Un travail de titan
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| Les trois bâtiments en forme de livres abritent les répliques des chantiers d'extraction |
Trois ans de travaux ont été nécessaires pour reconstituer en surface les chantiers miniers souterrains exploités en Lorraine : creusement au rocher, en plateures, en dressants et en semi-dressants qui s'étendent sur 4 500 m2. Comme si vous y étiez ! Car tout a été fait grandeur nature, avec les bruits du fond, les interpellations des mineurs et les vraies machines qui arrachaient encore le charbon il y a quelques années. « Les chantiers ont été créés avec les dernières technologies », explique Estelle Fruleux la conservatrice, « on veut montrer les techniques de pointe qui étaient employées par Charbonnages de France. » Parmi les 1 500 tonnes de matériels miniers, on peut ainsi découvrir la haveuse Electra 2000, la machine d'abattage ANF, la machine de creusement AM 100 ou encore la chargeuse électrohydraulique G 210.
Un patrimoine mondial
La reconstitution du fond a coûté 11 millions d'euros, apportés par le Conseil Général de la Moselle, l'Europe (Feder) et Charbonnages de France qui a donné le matériel : haveuses, machines d'abattage, de foration et de creusement. Le syndicat mixte de 32 communes du bassin houiller finance les coûts de fonctionnement.
« Nos jours à Charbonnages sont comptés. Ce passé minier n'est pas le mien, mais l'entreprise peut être fière de laisser sa trace dans la mémoire collective. C'est un travail bien fait, à la manière lorraine (…). L'entreprise s'efface, laisse derrière elle une copie propre. Avec l'héritage de la mine puisé dans ce musée, vous trouverez toutes les ressources morales pour aller de l'avant », a déclaré, confiant, Daniel Cadoux, Président Directeur Général de CdF.
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| Pour Estelle Fruleux, la conservatrice « ce site est le plus beau de France » |
Le musée du carreau Wendel attend 100 000 visiteurs par an et va poursuivre la réhabilitation du site avec la réouverture en 2008 de l'ancienne salle des pendus et des douches. « Nous allons capter la mémoire orale ou en images, installer des ateliers pédagogiques pour les scolaires et retracer l'univers du mineur dans sa vie professionnelle et sociale », ajoute Estelle Fruleux qui espère bien obtenir le classement de sa cathédrale industrielle au patrimoine mondial de l'Unesco.
La mine du fond de la mémoire
La première pierre du centre de ressources du musée de la mine vient d'être posée grâce au don de CdF qui a offert une série de matériels audiovisuels : caméras, studio d'enregistrement, éclairages divers… « Nous sommes musée de France, nous avons donc une vocation de conservation. Notre centre de ressources doit être à la fois une médiathèque, une photothèque, un centre de documentation », précise la conservatrice. Le matériel légué par CdF trouvera vite une utilisation « il servira à réaliser notre premier projet « La mine du fond de la mémoire ». Nous éditerons un CD avec la mémoire orale des mineurs. Cela constituera un gisement qui permettra aux chercheurs d'approfondir l'histoire de notre bassin. »
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| François Belin, ancien responsable du service communication, Estelle Fruleux, conservatrice |
« Après le charbon resteront des images et des bruits relatant le labeur des quelque 110 000 personnes qui ont travaillé de 1948 à 2002 », explique Alfred Olszak responsable de l'antenne Lorraine du service communication. « Aujourd'hui, CdF possède un fonds unique : photographies, films 16 et 35 mm, vidéogrammes, reportages, bandes audio dont l'héritier légal sont les archives départementales de la Moselle. » Le stock accumulé depuis les années 60 est impressionnant : 40 000 reportages, 6 000 diapositives, des centaines de films de formation et d'information, plus de 2 000 cassettes vidéo, 1 000 sujets télévisés et des centaines de documents audio. Le musée mettra en valeur une partie de ce fonds avec les archives départementales.
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