Provence : le charbon sous le soleil

Situé entre Aix-en-Provence et Marseille, le lignite du bassin minier de Provence est connu depuis longtemps. Dès le moyen Age, le sol a été gratté par des générations de paysans et de bergers. Un des documents les plus anciens, un acte établi par un notaire aixois datant du 30 mars 1584, fait état de l'exploitation de charbon en provence. Pendant deux siècles on se contente d'exploiter ces affleurements et la production est insignifiante.
Le « charbon de terre » n'est pas encore un concurrent pour le bois, combustible encore largement utilisé. Les progrès sont particulièrement lents. En 1750, on extrait environ 2 000 tonnes, 4 000 en 1764 et un peu plus de 8 000 tonnes en 1785.
Le régime de la concession, loi votée par la convention le 28 juillet 1791, met fin à l'extraction anarchique. En 1819, on compte sept concessions produisant 27 000 tonnes. En 1830, onze concessions fourniront 57 000 tonnes. Dès la fin de l'empire, on compte environ 200 mineurs et plusieurs centaines de travailleurs transportent le charbon vers Marseille à dos de mulet. Avec les progrès techniques, apparaissent les premiers puits verticaux qui remplacent progressivement les plans inclinés (desenderies) creusés jusque là. En 1880, quatre compagnies minières se partagent le bassin minier. Elles emploient 2 500 ouvriers et produisent 458 000 tonnes.

Au XX ème siècle, les activités industrielles du bassin minier attirent un nombre important de travailleurs étrangers. Entre 1925 et 1932, ils représentent plus de la moitié de la population.
En 1946, année de la nationalisation, le bassin de Provence devient une des sept houillères du Centre-Midi. L'extraction se fait, alors par six puits : Biver 1 à Gardanne, Hély d'Oissel à Gréasque, Courau à Meyreuil, Gremain, Armand et Saint-Joseph à Valdonne. Les petites exploitations périphériques échappant à la nationalisation.
Entre 1947 et 1960, la production annuelle oscille entre 1 et 1,5 million de tonnes. En 1969, les sept houillères, dont les Houillères de Provence, fusionnent pour donner naissance aux HBCM. Les Houillères de Bassin du Centre et du Midi concentrent leurs efforts autour de Gardanne et de Meyreuil, sur un gisement dont les conditions naturelles se prêtent à une mécanisation poussée faisant de « la mine de Provence » un banc d'essai de la technique minière française. Si la production annuelle, autour de 1,5 Mt, reste relativement stable entre 1970 et 1995, le rendement, lui, explose : 5 711 kg/homme/poste en 1970 contre 11 656 kg/homme/poste en 1993, année record.
Au terme d 'une série de concentrations, un seul puits d 'extraction - le puits Courau et à partir de 1986 le puits « Z » - remonte la totalité de la production vers la centrale thermique de Provence qui, depuis 1953, constitue le débouché essentiel du charbon de Provence.

En 1989, le puits « Yvon Morandat » - plus grand puits d 'Europe par son volume -complète les installations de service et d 'aérage.
À plus de 1 300 mètres de profondeur, les conditions d 'exploitation se révèlent de plus en plus difficiles.
Après plus d'un siècle d'exploitation et 130 millions de tonnes de charbon extraites du sous-sol, la mine provençale cesse toute production le 1er février 2003.

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