Le mineur-boutefeu, seul professionnel de la mine autorisé à manipuler et à déclencher les explosifs, est chargé d’exécuter les travaux de creusement en respectant et en faisant respecter de manière rigoureuse les règles de sécurité.
Outre l’application des consignes de tir (emploi des explosifs et mise en œuvre des plans de tir), il assure, dans le cadre des instructions et des consignes relatives à l’exploitation, la sécurité du chantier en ce qui concerne la tenue des terrains et du soutènement.

Le boutefeu, celui qui  » boute le feu « , manie les explosifs. Garant de la sécurité de ses compagnons, il doit avoir une moralité sans tâche selon l’enquête de police à laquelle il est soumis avant d’obtenir ce poste. Il fut longtemps un personnage à part dans la hiérarchie de la mine où il avait le rang de porion.
Si aujourd’hui, le matériel a évolué, la tâche quant à elle reste toujours délicate.

La bonne dose

Il supervise les opérations de perforation et d’injection d’eau.
A l’avancement dans une galerie, la foration se fait suivant un plan de tir bien défini : Le nombre de trous à forer, leur profondeur, leur distance les uns par rapport aux autres. Une fois que les bowetteurs, les mineurs chargés du creusement dans la roche, ont terminé ce travail, il faut curer les trous avec de l’air comprimé de façon à pouvoir entrer l’explosif sans difficulté.
Avant la mise en place des explosifs, il regarde s’il y a des morceaux de roche en suspens qui pourraient tomber. Le cas échéant il « purge » car il faut éviter à tout prix des chutes de blocs en pleine opération de minage.
Une fois en situation de sécurité, il met l’amorce dans la cartouche, fait le nœud réglementaire et procède à l’introduction de chaque bâton de dynamite au fond du trou, « le bourrage ». Il est le seul habilité à manipuler les charges amorcées et doit veiller à la quantité d’explosif à utiliser et respecter les numéros des amorces.

La sécurité avant tout

Puis il relie les fils ensemble et fait évacuer le chantier en s’assurant de la mise en sécurité de la zone de tir. Avant l’explosion, les canons à brouillard sont mis en action, dans le but d’abattre le plus gros des fumées et, de la voix, il annonce la mise à feu avant de pratiquer au tir.
Suivant la constitution des terrains, avec un bon plan de tir, c’est à dire avec une bonne répartition des trous de foration et un « bourrage » bien dosé, chaque tir assure une avancée d’un mètre cinquante en moyenne.
Ensuite l’équipe déblaie les roches, pose le boisage provisoire et le cycle recommence.
En fin de journée, il fait par écrit le décompte des explosifs et des détonateurs ainsi que la consommation.

Et comme dans de nombreux métiers de la mine, du travail du boutefeu dépendent la vie et la sécurité de tous.